LES EUPHORBIACÉES

Les Euphorbiacées sont des plantes à suc laiteux  abondant (latex), très irritant, de port très différent. Qu'y a-t'-il de commun, en effet, à première vue, entre une Euphorbe et une Mercuriale, les deux seules herbacées de cette vaste  famille présentes dans notre région, surtout bien représentée dans les zones tropicales et subtropicales. Une Euphorbiacée se reconnaît à deux caractères constants : fleurs toujours unisexuées et fruit formant une capsule déhiscente tricoque.


L'Euphorbe lathyrus ou Grande Épurge

Grande épurge

La Grande Épurge, Euphorbia lathyrus, est une plante bisanuelle glabre, érigée, vert bleuté, assez grande (jusqu'à 1,5 m). Feuilles sessiles opposées décussées, étroites à la base, s'élargissant au sommet de la tige. Inflorescence en ombelles, le plus souvent à 4 rayons principaux; chaque inflorescence peut se répéter plusieurs fois au fur et à mesure de la croissance (ramifications dichotomiques); involucre formé de 2 longues bractées ressemblant à des feuilles, d'un vert plus clair. Fleur femelle longuement pédonculée et rejetée sur le côté. Le fruit, très toxique, ressemble à une câpre verte. A maturité, la capsule tricoque éclate brusquement avec un bruit sec, dispersant les graines alentour. Cette euphorbe prospère dans les terrains vagues ou labourés, parfois en lisière des bois clairs, et fréquente volontiers les jardins. Du reste, la Grande Épurge était cultivée comme plante médicinale : ses graines donnent une huile très purgative (anc. fr. espurgier, du lat. expurgare, "purger; expurger") . Le suc était utilisé par les mendiants pour provoquer des plaies artificielles afin de susciter la pitié.

NB : la Grande Epurge désigne parfois le ricin commun, plante de la même famille (ses graines sont également très toxiques : seule l'huile qui en est extraite est utilisée).

Inflorescence complexe, le scyathe a l'aspect d'une fleur bisexuée, apétale : au centre, l'inflorescence femelle entourée par 5 groupes de fleurs mâles, réduites chacune à une seule étamine, serrés et ressemblant à un capitule. Cet essemble est entouré de 4 glandes mellifères colorées, en forme de croissant cornu. Tout en étant une inflorescence, le scyathe joue le rôle d'une seule fleur hermaphrodite d'où la confusion des anciens botanistes. L'on peut pourtant observer que les étamines de l'inflorescence  se développent de l'intérieur vers l'extérieur, ce qui est l'ordre inverse pour une fleur.

Note : pour la petite histoire, voici un extrait d'un ouvrage scolaire paru en 1937 : "L'organisation florale des Euphorbiacées est mal connue et encore discutée par les botanistes. Si l'on examine par exemple une fleur d'euphorbe, on voit d'abord, à l'extérieur, 5 pièces soudées en un tube court. Entre les dents de celles-ci sont des glandes, souvent en forme de croissant, et colorées en jaune. En dedans, il y a un certain nombre d'étamines, et , tout au centre, un ovaire porté par un long appendice souvent rabattu vers le bas. Tout cet ensemble est considéré par les uns comme une fleur, par les autres comme une inflorescence. Dans ce dernier cas, l'ovaire représenterait une fleur femelle, et chaque étamine une fleur mâle."

Ci-dessous, détail du scyathe


Détail du scyathe

VUE ÉCLATÉE DU SCYATHE Diagramme de l'inflorescence

Bractées de l'épurge
 
                                                Les bractées d'involucre, en croix, sont semblables aux feuilles.
                                                Les bractées d'involucelle, opposées, sont triangulaires-ovales, aigües, d'un vert plus clair.
                                               
Spécimen atypique

Epurge spécimen atypique Epurge- spécimen atypique


Ci-dessus,
sous l'ombelle sommitale à 4 rayons, 2 ombelles formées chacune de 2 rayons axillaires opposés.
A gauche, la bractée de l'involucelle est échancrée.




Article illustré de photos personnelles (utilisation autorisée avec mention de la source)     M.M.