Nous étions nombreux à parcourir les paysages familiers de Patrick, malgré les 28 m de dénivelée... Pas de brouillard, un ciel dégagé avec un soleil inattendu, une douceur anormale et surtout un vent fort couvrant la Saône de vaguelettes semblant remonter l'embouchure de l'Ouche.
Patrick nous découvre les alentours de Saint-Usage, son " port d'attache " : Brazey et son parc, la confluence du Canal de Bourgogne avec le fleuve, donnant à cet endroit l'impression que les eaux l'emportent sur les terres, libérant l'horizon. A Saint-Jean-de-Losne, écluse 76, la dernière s'échelonnant depuis la " Voûte " franchissant le seuil de Bourgogne (113 écluses sont par contre nécessaires sur le versant opposé). Ce port fluvial de première importance est également en aval (à moins de 4 km) du point de départ du Canal du Rhône au Rhin. Enfin, dans le port de plaisance, accessible par un chenal, de nombreux bateaux blancs semblent reposer en attente de leur propriétaire, et d'autres, en réparation, reposent à terre ou en cale sèche.
Ce jour là, la Saône avait presque l'apparence d'un front de mer avec son fort clapotis. C'est pourquoi à la pause de midi, le groupe se scinda : d'un côté, ceux qui préféraient rêver de grand large sur un ponton mobile, de l'autre, ceux qui privilégiaient le confort d'un bon plancher des vaches à claire-voie, sous un toit, à l'entrée du camping déserté "Les Herlequins" (il y en eu même plusieurs, moins grégaires, disons le franchement, les "planqués de l'arrière", qui, pour se protéger des rafales, s'installèrent à l'abri des haies du terrain).
Retour par le chemin de halage souvent encombré de feuilles, bruissantes sous nos pas, nous rappelant que la morte saison est pourtant bien là. Cette randonnée facile s'est terminée au café d'où l'on ressortit sous la pluie pour regagner les voitures.
Accès à la galerie de photos commentées (Photos Patrick et Michel)
Saint-Jean-de Losne. La ville, connue surtout comme port fluvial, présente néanmoins d'autres particularités intéressantes
L'église Saint-Jean-Baptiste (15e-16e s.), l'une des plus curieuses de Bourgogne, construite en briques (la pierre étant réservée aux éléments porteurs). Ses parties hautes sont caractérisées par une tour de clocher disymétrique et une toiture polychrome tandis que son portail (traité comme un arc de triomphe) est ouvert par 2 portes en plein cintre séparées par une colonne d'ordre corinthien. L'intérieur offre l'exubérante décoration Renaissance. La sveltesse des colonnes et l'élancement des voûtes donnent une impression de légéreté. Le transept, limité par 4 gros piliers, est éclairé par de longues baies flamboyantes. L'autel en marbre est surmonté d'un gigantesque baldaquin (18e s.) d'un goût douteux. Par contre, il convient d'admirer la chaire de 1604, en marbre rouge de Sampans, présentant, disposés dans des niches, les 4 évangélistes. L'on peut voir sur la photo, de gauche à droite, la charmante silhouette de l'angelot identifiant St Matthieu (qui parfois apparaît lui-même, ailé comme un ange), puis St Jean et l'Aigle, enfin St Marc et le Lion.
La station aquicole. Elle dépend de la Faculté des Sciences de Dijon : son implantation résulte d'un site privilégié. En effet, en l'espace de quelques kilomètres, la Saône reçoit d'abord des rivières "de montagne " (la Tille et l'Ouche), puis des rivières de plaine, aux eaux lentes et troubles (Vouge et Ausson). De plus, les 2 rives sont parsemées d'étangs et de marais.
" Le général Gallas, qui avait envahi la Bourgogne à la tête de 60000 Impériaux, arriva devant Saint-Jean-de-Losne qu'il assiégea avec une nombreuse artillerie. Les Losnois, mal armés, n'ayant que 8 petites pièces de canons, une garnison de 150 hommes et ne pouvant y joindre plus de 500 bourgeois, n'hésitèrent pas néanmoins à résister. Ils s'engagèrent par serment à combattre jusqu'à la mort pour le service du Roi, et que s'ils étaient contraints de céder, chacun, au son de la cloche, mettrait le feu à sa maison, puis battrait en retraite en se défendant de rue en rue jusqu'au pont de la Saône dont on couperait une arche afin de rendre la conquête de la ville inutile à l'ennemi.Cependant, après 9 jours de siège et 2 assauts meurtriers, où ils se battirent en désespérés, aidés bravement de leurs femmes qui versaient de l'huile bouillante et du plomb fondu sur les assiégeants, les Losnois auraient fini par être écrasés par le nombre, lorsque 12 Auxonnois arrivèrent à leur secours et leur annoncèrent l'approche des troupes du Comte de Rantzau (2) .Gallas, découragé par la résistance des assiégés, et craignant une inondation dont le menaçait la pluie qui tombait depuis 12 heures (3), leva le siège de Saint-Jean-de-Losne, le 3 novembre, avec une grande perte de soldats et de munitions. Cette glorieuse défense avait sauvé le pays d'une invasion dont les suites eussent été incalculables; le Roi, pour récompenser les Losnois, les exempta à perpétuité de toutes tailles et impositions quelconques, ce qui fut confirmé par ses successeurs... "
1.Extrait de la " Géographie départementale de la France. Département de la Côte-d'Or ", 1847, p.224-225
2. Josias Rantzau , mercenaire danois au service de Louis XIII
3. En fait, l'artillerie
étant positionnée pour canonner la ville, une
intervention extérieure, même modeste, prenant à
revers les assiégeants, le risque d'embourbement des
pièces rendait très risqué le maintien du
siège. Malgré ce revers, Gallas continue ses ravages en
remontant la vallée de l'Ouche jusqu'à Tart-l'Abbaye
qu'il détruit et incendie (les moniales cisterciennes se
refugient à Dijon).

Journée marquée par la
" perte " de 3 randonneurs qui, à Bèze,
entrés dans la boulangerie à l'insu de tous, en sont
ressortis sans retrouver le groupe .... (la gourmandise peut s'avérer
parfois risquée, comme on le verra également par la
suite). Et leur absence ne fut découverte, de surcroît
qu'en deux temps, trop tardivement pour une opération
" Récupération ".
Autre incident, autant dû à
la distraction gourmande qu'à la méconnaissance : en
traversant un champ de cassis, certaines (l'on taira également
les noms) goutèrent en fait des baies de morelle noire, pas
assez cependant étant donné l'amertume, pour en
ressentir les effets pervers, mais non sans susciter quelque
inquiétude ....
Soit dit en passant, les chasseurs de
Bèze sont des originaux : l'on ne peut en tout cas leur
reprocher de ne pas donner d'informations : la consultation de
l'affichage précise, carte à l'appui : zone 5 chassée
le matin (après-midi barré). Bien, l'on va pouvoir
progresser en toute quiétude! C'était sans compter avec
la mise à jour bi-quotidienne. Au retour, nouvelle
consultation : zone 4 chassée l'après-midi!
Visite des extérieurs du Château
de Beaumont-sur-Vingeanne grâce à l'aimable invitation
de la propriétaire, et repas au vaste lavoir. Enfin, au grand
soulagement de Daniel, de retour à Bèze, le trio était
là, après qu'il ait improvisé sa propre
randonnée.
Mise au point : il ne s'agit pas de la morelle douce-amère, mais de la morelle noire appelée aussi Tue-chien ou Faux-cassis. Les baies sont toxiques, surtout lorsqu'elles sont encore vertes.
Château de Beaumont-sur-Vingeanne
De proportions réduites, le château fut construit au début du 18e s. par l'Abbé Jolyot, chapelain de Louis XV. Il comporte 3 niveaux avec une intéressante particularité: un élégant escalier à double volée donne accès en fait au second niveau : en effet, le terrain étant en pente, c'est le 1er niveau (voûté) qui, en façade apparaît partiellement en sous-sol, se retrouve de plain-pied à l'arrière du bâtiment. De ce côté, une grande terrasse offre une vue sur un vaste parc paysager (6 hectares), avec potager et verger. La balustrade est ornée de sujets représentant les allégories des saisons. A l'intérieur, remarquables boiseries et meubles d'époque, notamment une pendule de Boule. A noter que le propriétaire assure la réfection du vieux château de Blaisy-Bas.
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Ne dirait-on pas une nichée de randonneurs blottis dans un amphithéâtre rocheux !
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![]() Zoom sur le groupe pour un meilleur aperçu |
![]() Rudes montées et descentes se succèdent. Vigilance de rigueur : l'on descend précautionneusement en se retenant à la végétation, ou bras écartés, mains largement ouvertes, pour une meilleure réception ... involontaire. |
Nous étions 28 à affronter par paliers Montfeulson, la neige ayant presque disparu de ce versant bien exposé (pierrier et belles échappées sur la vallée de la Sirène).
Découverte de l'ancien télégraphe ainsi que des murs et plates-formes mystérieuses qui occupent le sommet de " La Montagne ".
Descente vers Remilly où se découvre un vaste panorama borné à l'horizon par la ligne de partage des eaux. L'on avait envisagé très tôt un tracé du Canal de Bourgogne passant par Sainte-Marie, suivant le lit de la Sirène, la " voûte " étant percée dans l'axe Agey-Remilly sous Sombernon sur plus de 5 km. : projet abandonné car , de plus, il aurait fallu 33 écluses et creuser dans la granulite de l'affleurement de Remilly.
Dans le village, l'on s'aperçoit qu'il manque 10 personnes : ayant perdu le contact, elles sont restées sur place, ne sachant trop comment nous rejoindre... Le groupe enfin reconstitué après cette péripétie, le temps nous presse et l'on décide de prendre un raccourci à flanc de côteau. Aucune chute à déplorer, malgré des comportements à risques : par exemple, marcher sur le verglas, mains dans les poches!
Galerie de photos prises par notre ami Patrick Bourdiau
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| Un écriteau en bordure du chemin, dans un jardin, là où subsistent quelques arpents de vigne (conclusion à ne pas suivre au pied de la lettre!) | Photo d'ambiance : la fin du jour est proche. L'église de Remilly sur sa butte baigne dans une lumière douce propice au recueillement. |