Plantes de notre flore - 2

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Chèvrefeuilles - Lonicera - CAPRIFOLIACÉE


Lonicera périclynemum

Le Chèvrefeuille des bois, lonicera periclymenum, plante acidophile commune dans toute la France, sauf dans la région méditérannéenne, pousse en lisière,  parmi les broussailles et sur les haies. C’est une liane sarmenteuse : sa tige d’abord rougeâtre puis ligneuse, s’enroule vigoureusement en spirale dans le sens dextrogyre, pouvant entraîner l'étranglement  de la plante support. Comme tous les lonicera, l’écorce des vieilles tiges se détache en longues lanières.
Feuilles oblongues et molles, caduques, opposées, les inférieures à court pétiole, les supérieures sessiles, vert foncé au dessus, vert plus clair au revers. 
Il est faux d’affirmer que les chèvres ont une prédilection pour les feuilles de cette plante. Certes les pousses tendres sont appréciées par les caprins mais au début du printemps lorsque qu’aucun autre arbuste n’est encore couvert de feuilles : les bourgeons minces et effilés sont fréquemment ouverts, même en hiver, de telle sorte que l’on peut déjà apercevoir l’extrémité des jeunes pousses vertes. 
Fleurs en grappe terminale, blanc crème, parfois teintées de pourpre, à long tube étroit ; corolle irrégulière : lèvre supérieure plus pâle, recourbée à 4 lobes et lèvre inférieure pendant comme une langue. Le style et les 5 étamines sont très longs. Le nectar ne peut être butiné que par des insectes munis d’une longue trompe et notamment par les papillons de nuit du groupe des sphynx car le parfum intense que dégage la plante dès la tombée du jour les attire de  très loin
.

Petites baies ovoïdes en amas contenant plusieurs graines,  rouges à maturité,  avec persistance du calice à 5 dents. Avec sa racine, on peut teindre la laine en bleu.

En Bourgogne, ce chèvrefeuille est fréquent sur les alluvions acidifiées de la plaine de Saône, ainsi que dans les forêts claires de chênes sessiles du Morvan ou dans la chênaie –charmaie de la forêt de Citeaux.

Autre chèvrefeuille sauvage présent en Bourgogne, lonicera xylosteum qui prospère dans la hêtraie des plateaux calcaires où il constitue des buissons bas.    Le nom spécifique dérive du grec xylon, « bois » et ostêum, « os » (littéralemment « os de bois »). Il fait allusion aux tiges creuses contenant une moelle rappelant la structure des os longs ainsi qu’au bois très dur et dense au niveau des nœuds (l’une des appellations populaires est « Bois de tuyau de pipe »).
Corolles velues ; fleurs groupées par 2 (ou groupes de 2), d’où les fruits formés de 2 petites baies accolées portés par le pédoncule commun. Celles-ci sont  d’un rouge luisant à maturité.
Cet arbrisseau est  également connu sous le nom de « camérisier à balais », car ses jeunes tiges encore bien droites servaient à la fabrication de balais rustiques

flora.nhm-wien.ac.at/.../Lonicera-xylosteum.htm.

Lonicera caprifolium

Le chèvrefeuille compte au nombre des plantes grimpantes les plus populaires pour la beauté de leurs fleurs très odorantes et mellifères, mais il ne faut pas oublier que leurs fruits sont toxiques. L'on trouve dans les jardins des cultivars de lonicera periclymenum.
Des variétés horticoles d’autres espèces y sont introduites. Le  Chèvrefeuille des jardins, lonicera caprifolium, originaire du sud de l'Europe garnit avantageusement les tonnelles (il peut atteindre 10 mètres dans de bonnes conditions). En fait, c’est cette espèce qui devrait se nommer lonicera periclymenum (du grec, « baigné tout autour ») car ses feuilles sous les fleurs sont soudées en forme de coupe retenant l’eau.

      




   Ill. d'après "La Flore d'Europe occidentale" de M. Blamey et C. Grey-Wilson (Flammarion)


Rhinanthe hirsute - Rhinanthus alectorolophus - SCROFULARIACÉE

Rhinanthe hirsute-Rhinanthus alectorolophus

Les rhinanthes sont des plantes herbacées annuelles, aisément reconnaissables, mais dont les diverses espèces et sous-espèces, sont difficiles à déterminer avec précision. On les rencontre le plus souvent dans les prairies et le long des chemins, en général sur sols calcaires.Le spécimen photographié est le rhinanthe hirsute.
Sa tige raide, quadrangulaire, est souvent ponctuée de noir.Ses feuilles opposées, lancéolées, presque ovales, bordées de petites dents, sont sessiles.
Fleurs regroupées à l'extrémité de la plante et à l'aisselle de bractées ressemblant aux feuilles, mais plus profondemment dentées. La forme découpée de ces bractées entourant le calice justifie l'appellation de "Crête de coq ". Les fleurs d'un jaune vif, à corolle irrégulière forment un tube un peu courbé dont les 2 lèvres sont rapprochées. La supérieure est en casque, avec sous l'extrémité, 2 petites protubérances brun violacé. Cette particularité explique le nom grec
rhinanthus signifiant "fleur en forme de nez [crochu] (cf rhinite, rhinocéros, etc..). Le calice à 4 divisions, porte de longs poils blanchâtres, caractéristique principale de l'espèce.
Les sépales soudés au calice, s'élargissent lors de la formation et de la maturation du fruit globuleux, terminé par une petite pointe. Détail pittoresque : les graines parvenues à maturité dans leur capsule font un bruit de hochet lorsque l'on agite les tiges.

Le rhinanthe est un semi-parasite1 se développant aux dépens des céréales et des plantes fourragères : sa racine grêle, munie de minuscules suçoirs, capte la sève au niveau de leurs racines. Elle contient en outre la substance vénéneuse aucubine, néfaste pour le bétail.

1" Chez les anciens, sorte d'écornifleur qui faisait métier de manger à la table de quelque riche, en l'amusant par des flatteries et des plaisanteries "  (E. Littré); sites, en grec, signifiait "aliment " et  para , "à côté " : le parasitos était donc celui qui mangeait à côté d'un autre. Pour plus de détails sur le parasitisme des plantes, voir ce lien

Surmontant les bractées, les sépales soudés s'élargissent lors de la formation du fruit. 


Ci-contre, le fruit vu après suppression de 2 sépales.


Mélampyre des champs ou Rougeotte - Melampyrum arvense - SCROFULARIACÉE

Mélampyre des champs-Melampyrum arvense

Plante annuelle poilue de 20-60 cm, au port dressé, élégant, le mélampyre a une tige simple ou ramifiée. Ses feuilles opposées, sessiles, étroites, sont profondément dentées surtout dans sa partie supérieure. Fleurs pourpres à gorge jaune, pourvues d'une corolle à 2 lèvres presque fermées, dont la supérieure est en casque et l'inférieure tournée vers le haut. Elles sont groupées peu serrées, en un épi cylindrique assez long. Les bractées purpurines, très développées, allongées et dressées, à bords finement découpés, portent à leur base des petits points noirs. Le fruit est une capsule ovoïde contenant 2 grosses graines noires, doù le nom grec melampuron, de melas, "noir " (cf mélanine, mélanome, mélancolie...), et de puros, "grain". Les graines contiennent de l'aucubine, nocive en grande quantité : mélangée au blé, la plante peut s'avérer dangereuse et déprécie la céréale dont la farine prend une teinte rougeâtre. Elle prospère dans les champs et prés calcaires. C'est également une semi-parasite dont les racines munies de minuscules suçoirs, pénétrent dans la plante hôte.

Il existe aussi des mélampyres à corolle jaune : le melampyrum pratense à la tige très ramifiée et dont les fleurs sont disposées par paires opposées, ainsi que le melampyrum cristatum dont les bractées sont dentées en forme de crête.


Sabot de Vénus - Cypripedium calceolus

Un groupe de sabots de Vénus

Reine des orchidées d'Europe, elle rivalise avec les orchidées tropicales. Extrêmement rare en plaine, elle pousse sur les sols calcaires, filtrants et humifères, dans les sous-bois clairs et clairières en versant nord et près des fonds de combe. Ces conditions sont réunies dans la combe de Bellefontaine (forêt domaniale de Moloy). On la trouve ça et là dans les Alpes où elle est la moins rare.

La tige porte 3 à 4 larges feuilles ovales lancéolées, embrassantes et à nervures saillantes. Une longue bractée foliacée sous-tend la fleur très grande au labelle 1 jaune strié de brun rouge, en forme de sabot ouvert en avant vers le haut, justifiant le nom 2 vulgaire et botanique de la plante et enveloppant les organes de la fructification. La graine minuscule, ne contient aucune réserve nutritive : la vie souterraine de la jeune plante, tributaire d'un champignon symbiotique, dure 3 années. Il faudra encore beaucoup de temps pour que la plante atteigne sa maturité (6 à 15 ans entre la germination et la floraison!). L'on comprend sa fragilité et la protection dont elle est l'objet (tout cueilleur s'expose à une forte amende).
Les tépales 3 brun rouge sont étalés en croix. Les latéraux, les plus étroits, pendent comme de longues moustaches et l'inférieur est bifide à l'extrémité.

1- labelle : division généralement inférieure, en forme de lèvre élargie, de la fleur des Orchidacées

2- Sabot de Vénus, Pantoufle de Notre-Dame - Cypripedium calceolus : Cypris était un surnom de la déesse grecque Aphrodite; le surnom spécifique est redondant. En effet " pedilon " désigne en grec une chaussure de même que calceus en latin dont calceolus est un diminutif.

3- tépales : se dit des pièces florales lorsqu'il n'y a pas de différence apparente entre sépales et pétales.


Pétasite officinal - Astéracées


Moloy-pétasites Le Pétasite officinal, du grec petasos, "parasol", forme des peuplements denses au bord des eaux, à exposition ombragée. Ses longues tiges creuses et en gouttière peuvent être consommées comme les pétioles de rhubarbe. Partant toutes de la base, les tiges supportent des feuilles semi-orbiculaires, à nervures épaisses, pouvant atteindre jusqu'à 1 mètre de diamètre. (les fermières anglaises enveloppaient les mottes de beurre dans les feuilles d'où le nom de"butterbur" donné à la plante).
Les fleurs mâles et femelles sont sur des pieds différents et se développent avant les feuilles. On reconnaît à la plante des propriétés diurétique, sudorifique, astringente et vermifuge.
Ci-contre, colonie de pétasites sur les bords de l'Ignon à  Moloy

L'espèce cultivée la plus remarquable est le Pétasite du Japon qui, très vigoureux également, ne supporte pas plus le fort ensoleillement.

Ci-dessous , deux photos prises dans le jardin avant feuillaison de cette espèce.
Fleur de pétasite Feuille naissante givrée de pétasite
A gauche, inflorescence évoquant un bouquet de mariée.
Ci-dessus, effet de givre sur feuille de pétasite en cours de déploiement (le froid a retardé la floraison).
Le Pétasite est proche parent de l'Adénostyle à feuilles d'alliaire, plante montagnarde qui affectionne également les lieux humides et le bord des torrents.


Lamier pourpre -Lamium purpureum

Lamier pourpre, vue d'ensemble Vous ne la remarquez pas, tellement elle est commune, et surtout quelconque, sans intérêt apparent, cette "mauvaise herbe" annuelle, le lamier1 pourpre ou ortie rouge, Lamium purpureum.
On la trouve aussi bien en bordure de chemins que dans les terrains vagues ou les jardins où elle s'invite. Froissée, elle dégage une odeur désagréable et pourtant, elle est comestible. Elle a en tout cas une qualité indiscutable : celle d'être mellifère.
Caractéristique commune aux  lamiers, la tige est de section carrée. D'abord brièvement couchée, elle se redresse, portant des feuilles pétiolées opposées-décussées 2., ovales et régulièrement crénelées, les supérieures rapprochées en pyramides, prenant une teinte pourpre puis violacée. 


1- du grec laimos : "gueule béante" (d'après la forme de la corolle)
2- feuilles  décussées : comme celles de l'ortie, opposées et dont chaque niveau est perpendiculaire au précédent.
Fleur de lamier pourpre L'on peut observer que la plante est très poilue, y compris les anthères 3.
Quelle beauté dans son inflorescence! La corolle a deux lèvres : la supérieure encapuchonne les quatre étamines et l'inférieure forme une large enveloppe prolongée par deux petits lobes latéraux.
Les longues et étroites dents du calice semblent poindre comme des épines, puis s'étalent après la floraison.






3- anthère : extrémité élargie de l'étamine produisant le pollen

L'Eranthe

Eranthis d'hiver Eranthis d'hiver, détail de la fleur

L'éranthe ou éranthis d'hiver, Eranthis hyemalis 1, fleurit dès le début de février. Sa fleur en "boule" rappelant le bouton d'or, apparaît avant les feuilles. D'abord inclinée vers le sol, elle n'entr'ouvre vraiment sa rondeur qu'à la pleine lumière et progressivement jusqu'au terme de sa floraison..
Fleur unique sur une tige simple, 6 sépales pétaloïdes. Les pétales en cornet nectarifère sont bien visibles sur la macro-photo. Ce nectar est une véritable aubaine pour les bourdons, pollinisateurs les plus précoces (bien avant l'abeille). Ses bractées forment une sorte de collerette ressemblant aux feuilles orbiculaires à divisions étroites et rayonnantes. Il s'agit d'une Renonculacée : comme la plupart des espèces de cette nombreuse famille, elle est toxique. Ses fruits sont des follicules 2 (cf  l'hellébore ou l'ancolie). Cette plante charmante est rare dans notre région (signalée à Vantoux et  Bressey-sur-Tille), plus fréquente dans le Midi (Alpes Maritimes notamment). C'est dans les jardins ou les parcs que vous avez le plus de chance de la rencontrer : elle se naturalise bien sur les pelouses. On la multiplie par ses tubercules.

1
- eranthis : du grec er = printemps et anthos = fleur
    hyemalis : hivernal, froid, glacial. Lat : hiemo = hiverner ; cf Equisetum hyemale = prêle d'hiver (dont la tige persiste en hiver)
2- follicule : fruit dont la paroi sèche à maturité et s'ouvre par une seule fente (déhiscence) en libérant les graines.

Eranthis croquis

Eranthis-Follicules ouverts libérant les graines

Erable à feuilles d'obier - Acer opalus
Petit arbre (8 à 10 m.) des montagnes méridionales résistant bien au froid et à la sécheresse. Il s'associe fréquemment au chêne pubescent et au hêtre.Comme son nom l'indique, ses feuilles rappellent celles de la viorne obier. Elles sont coriaces, vertes et mates dessus, glauques et légèrement duveteuses au revers. Portées par un long pétiole rougeâtre; elles deviennent ocre rouge en automne. Les rameaux glabres montrent des lenticelles très visibles. Les fleurs réunies en bouquets perchés à l'extrémité des rameaux apparaissent avant les feuilles.


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