Plantes de notre flore - 4

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Hippocrépis à toupet ou lotier corniculé? Comparatif de 2 Fabacées





Fabacées, appellation actuelle des anciennes Papilionacées. Ce dernier nom avait l'avantage d'attirer l'attention sur la forme des 5 pétales aux formes arrondies qui semble évoquer les ailes de beaucoup de nos papillons. Famille homogène, l'une des plus importantes des Dicotylédones par le nombre et l'utilité des espèces. La corolle est irrégulière: un pétale supérieur, le plus grand, l'étendard ; deux latéraux, les ailes; deux inférieurs se réunissant pour former la carène. Les étamines soudées par leur filet, forment une sorte de gouttière dans laquelle l'ovaire prolongé par le stigmate, se transforme en gousse après fécondation.

Leurs fleurs, par leur forme et leur organisation, rappellent celles du pois. Fabacées fait allusion à la fève qui est une légumineuse (légume étant l'appellation par les 1ers botanistes, de la gousse à 2 valves. Ces Fabacées ont presque toutes une fleur jaune : l'hippocrépis et le lotier ne manquent pas à la règle.


Hippocrépis avec sa feuille

Toupet de l'hippocrépis  : bel exemple de disposition radiale de l'inflorescence
Poursuivons par une recherche étymologique : outre les appellations imagées ou pittoresques, elle offre également l'intérêt d'aider à la mémorisation ainsi que d'attirer l'attention sur une caractéristique de la plante considérée. C'est le cas pour l'hippocrépis à toupet, hippocrépis comoso, du grec hippos, "cheval". Les gousses tortueuses, lorsqu'elles sèchent, se segmentent,  chacun des articles étant courbé en forme de fer à cheval (du grec krepis, "chaussure"  [...de cheval]. Saint Crépin est le Patron des cordonniers – les crépins désignent les outils et marchandises servant au métier). L'adjectif latin comoso signifie "chevelu" , étant donnée la densité fleurie des ombelles (toupet). La dispersion du pollen chez cette espèce s'effectue de façon originale : les 2 pétales inférieurs de la corolle, formant la carène, sont soudés comme pour toutes les fabacées, mais un petit orifice, en limite de suture, s'ouvre au-dessus d'une sorte de piston formé par les 2 filets des étamines soudées. Lorsqu'un insecte se pose sur la carène, son poids fait jouer le dispositif qui projette un nuage de pollen saupoudrant le visiteur. En même temps, le stigmate touche celui-ci par en dessous, recueillant de cette façon le pollen apporté d'une plante voisine. Autre curiosité qu'il partage avec le trèfle, découverte par Linné : l'orientation différente que prennent les folioles la nuit et le jour ("sommeil des plantes").

Lotier corniculé - A l'arrière plan , l'on devine les gousses

Quant au  lotier, son nom latin lotus désignait un grand nombre de plantes. Il est qualifié de "corniculé" car ses fruits se terminent par une petite corne. On l'appelle également "Pied de poule", sans doute à cause de ses gousses droites écartées, ayant l'apparence d'une patte d'oiseau.

Cependant, c'est l'observation des feuilles qui permet de différencier le plus facilement ces 2 plantes qui sont des vivaces. L'hippocrépis, au port plus ou moins rampant, a des feuilles composées de 4 à 7 paires de folioles  arrondies, et terminées par une foliole impaire. Il forme des touffe plus denses et plus étendues que le lotier corniculé. Celui-ci a une feuille formée de 3 folioles acuminées : les stipules, non soudées au pétiole, de même apparence que les folioles, donnent l'impression que cette feuille en compte 5. Ses fleurs, d'un jaune moins dur,  souvent veinées de rouge, sont groupées au sommet d'un long pédoncule. A l'inverse de l'hippocrépis qui colonise les terrains calcaires les plus arides, le lotier peut aussi prospérer dans les stations humides ou relativement ombragées, si bien que la confusion est impossible en ces lieux : l'hippocrépis se cantonne  dans les endroits secs. Quant au lotier corniculé, dans ces mêmes lieux, il peut développer des racines jusqu'à 1 m de profondeur. Il forme un excellent fourrage, souvent cultivé, ce qui n'est pas le cas de l'hippocrépis, qui n'a d'autre mérite que d'être un bon couvre sol thermophile.

Hépatique trilobée  Hépatica nobilisRENONCULACÉES

Plante vivace basse et pubescente, fleurissant tôt en saison. Rare en plaine (on la trouve à partir  de 400 m et jusqu'à plus de 2000 m). Espèce de mi-ombre prospérant sur sols calcaires bien drainés. Feuilles coriaces, à 3 lobes, longuement pétiolées, naissant directement du rhizome et persistant l'hiver. Dessus de la jeune feuille souvent marbré et revers des feuilles de l'année précédente de  couleur rougeâtre évoquant celle du foie, d'où le nom d'hépatique trilobée (les nouvelles feuilles n'apparaissent qu'après la floraison). Fleur solitaire, bleue, quelques fois rose ou blanche, longuement pédonculée; 6 à 9 "pétales" 1 tombant rapidement (durant les quelques 8 jours de la floraison, ils doublent de longueur); sa briéveté explique peut-être qu'elle se protège en s'inclinant et en se refermant la nuit, et par temps froid et pluvieux; 3 bractées pubescentes, non vertes, juste sous les "pétales".  Ses nombreuses étamines aux anthères blanches et aux longs filets, donnent à la fleur une impression de légéreté et de luminosité. Les fruits sont des akènes poilus à bec court. Les graines sont dispersées par les fourmis.



Ancienne feuille brunie par le froid de l'hiver


Bractées pubescentes, non vertes , appliquées sous l'enveloppe florale

Habitat en Bourgogne : dans les sous-bois clairs de l'Arrière-Côte, de la Montagne (nord de Dijon) et surtout à l'est du Châtillonnais.
La plante, légèrement vénéneuse, est cultivée comme ornementale.

1- La fleur des Renonculacées est en fait apétale : précisément, 6 tépales (sépales pétaloïdes) et 3 bractées pubescentes (sépaloïdes). Cette dernière caractéristique sépare l'hépatique des anémones qui en sont dépourvues.

Hellébore fétide, Euphorbe des bois et Daphné lauréole 
Ces plantes, bien qu'appartenant chacune à des familles différentes, ont en commun des feuilles persistantes, sont toxiques, et poussent de préférence à découvert. De plus, leurs fleurs d'un vert jaunâtre sont peu voyantes. Bien que communes, elles sont souvent confondues. 

Hellébore fétide ou pied de griffon (d'après l'apparence des feuilles) - Helleborus fœtidus (du grec bore,  "nourriture" et helein, "qui tue" - RENONCULACÉE
Hellébore fétide

    


Plante glabre restant verte l'hiver, vivant plusieurs années et mourant après la floraison. En février-mars, une hampe florale s'élève au milieu du bouquet de feuilles. Ses nombreuses fleurs sont inclinées, ce qui les protège contre la pluie et la neige et la disposition spiralée des feuilles ainsi que  l'étroitesse des folioles assurent un maximum de luminosité. La fécondation se fait grâce aux abeilles et aux diptères; les graines sont transportées par les fourmis.
Tige épaisse, dépourvue, à la base, de feuilles.
Feuilles toutes caulinaires :
 - inférieures pétiolées, coriaces, pédalées, à 7-11 folioles lancéolées, dentées.
- supérieures sessiles, simples ou trilobées.
Bractées largement ovales d'un vert pâle, les inférieures avec limbe réduit.
Nombreuses fleurs verdâtres, pédicellées, inclinées, en forme de coupe.
5 sépales pétaloïdes verdâtres, souvent bordés de rouge, concaves, rapprochés les uns des autres, entourant l'inflorescence.
Petits tubes nectarifères (résultant de la transformation des pétales) dégageant une odeur désagréable. Ces nectaires sont peu visibles, car ils sont pris entre le calice et la masse des nombreuses étamines.
Fruits secs déhiscents, groupés en général par 3, prolongés par un bec égalant la moitié de leur longueur et s'ouvrant à maturité par une seule fente.
Friches, bord des bois, coupes forestières, sur sols secs calcaires. Se rencontre souvent avec le chêne pubescent qui a les mêmes exigences. Toxique : poison du cœur et paralysant du système nerveux central. Purgatif et vermifuge à très faible dose. C'est pourquoi La Fontaine fait dire au lièvre dans "Le lièvre et la tortue" : "Ma commère, il vous faut purger avec quatre grains d'hellébore".


Ci-contre, à g. disposition pédalée des feuilles inférieures; 

A droite les 5 sépales pétaloïdes rabattus permettent d'observer les cornets nectarifères (pétales transformés) insérés entre le calice et les nombreuses étamines.

Euphorbe des boisEuphorbia amygdaloïdes -EUPHORBIACÉE
Euphorbe amygdaloïdes

Plante vivace, poilue, formant souvent des colonies. Tige rougeâte, nue à la base, généralement non rameuse. Feuilles alternes, sessiles, entières : les inférierures persistantes en hiver, très rapprochées (fausse rosette), les supérieures ainsi que celles des tiges florifères, plus petites, espacées, molles, vert-jaune et caduques. Inflorescence en ombelle (5 à 10 rayons simples ou bifurqués une fois), avec ramifications florifères sous l'ombelle terminale. Comme toutes les euphorbes, pistil globuleux, pédicellé, surmonté de 3 styles. Glandes nectarifères jaunes, en croissants courbés l'un vers l'autre.  Les bractées larges et soudées forment sous les fleurs une sorte de collerette qui semble les entourer. Le fruit est une capsule sillonnée contenant des graines noirâtres. Graines et feuilles très vomitives et purgatives (cf angl. Wood Spurge)

D'autres descriptions et photos sur les Euphorbiacées

Daphné lauréoleDaphne laureola –THYMÉLÉACÉE

Plante glabre, qui prospère dans les sols calcaires et secs. Tige dressée, (1m max), semi-ligneuse, peu ou pas ramifiée. Feuilles persistantes rappelant celles du laurier, coriaces, alternes, vert foncé brillant, oblongues, réunies au sommet des tiges (leur partie basse est recouverte d'une pellicule brun clair, et garde la cicatrice de l'insertion du pétiole des feuilles détachées). Fleurs jaune-verdâtre, en courtes grappes serrées, latérales, calice en tube prolongé par 4 lobes ressemblant à des pétales, lesquels sont absents (étamines 8, soudées sur la paroi interne du tube. Baies noires à maturité. Le daphné mezereum ou bois-gentil appartient à cette même famille des Thyméléacées

Daphné lauréole A gauche, photo prise en forêt et  ci-dessus, dans notre jardin, en zone urbaine. L'inflorescence est plus précoce, mais la brillance des feuilles  a largement été altérée par la pollution  (résultant en grande partie du chauffage au fioul)

Daphné-inflorescence

Erables -samares