A quoi bon marcher?
"La marche m'ennuie; j'ai l'impression de perdre mon temps; et de plus ça me fatigue!"
Pourtant la négliger est bien dommage. Elle apporte des bienfaits physiques. La marche soutenue sans excès entraîne ou favorise à court terme, et ce dans le désordre :
Une meilleure oxygénation du sang et des tissus d'où une accélération des échanges métaboliques et une amélioration de la nutrition cellulaire.
Un renforcement cardio-vasculaire.
Une protection contre le risque de dépôts scléreux (vasculaires, tissulaires, articulaires).
Une diminution du taux de cholestérol.
Un bon drainage cellulaire.
Une accélération des fonctions émonctorielles et en particulier un meilleur transit intestinal grâce à la contraction rythmée des abdominaux (surtout en terrain accidenté).
Un renforcement de la trame protéïque osseuse (la fracture du col du fémur est moins fréquente chez les marcheuses).
Une sédation du nervosisme et un meilleur sommeil.
Une meilleur résistance au froid et à l'hypothermie (extrémités notamment).
Une revitalisation par contact avec les éléments naturels (air, soleil, végétation ...)
Une stimulation des sens et de l'équilibre par l'attention à soi et autour de soi.
Une dissipation d'énergie non défoulée par excès d'immobilité et de cérébralisation.
Une augmentation du taux de DHEA, contribuant au mieux vieillir (l'on a constaté une corrélation entre la dépression et un faible taux de DHEA).
A long terme, la marche constitue l'un des facteurs de prévention du cancer. En favorisant l'oxygénation renforcée des tissus, en produisant l'acide lactique résultant de l'activité musculaire, elle contribue à éviter l'alcalose engendrée par la sédentarité, les soucis et le stress. Il existe en effet une relation directe entre alcalose et cancérose (prédisposition au cancer).
Cette affirmation peut sembler excessive; pourtant elle est statistiquement avérée par une enquête qui s'est déroulée entre 1980 et 1982 auprès de 707 hommes retraités, non fumeurs, pouvant tous avoir une activité physique modérée. Après 12 ans de surveillance, il est apparu que le cancer avait tué 13,4% des hommes qui marchaient moins d'une heure par jour contre 5,3% de ceux qui marchaient plus d'une heure par jour.
Trop souvent une personne qui n'a plus marché depuis longtemps a tendance à jeter l'éponge. Les bonnes résolutions s'envolent et l'on en revient à ses chères habitudes sédentaires. Il est normal qu'au début, l'on sente ses muscles et éprouve de la fatigue. Fréquemment, les personnes qui n'ont pas l'habitude des longues randonnées tout terrain se découragent. Mais comme en d'autres domaines, il faut de la persévérance, de l'accoutumance, de la régularité.
Une étude surprenante réalisée à Londres, montre les effets bénéfiques d'une activité physique même modérée : elle a comparé des chauffeurs de bus et des poinçonneurs de tickets ayant les mêmes caractéristiques générales (sexe, âge...). Les résultats montrent que les poinçonneurs de tickets qui doivent dans leur travail aller et venir, et surtout monter et descendre les étages des bus, souffrent 2 fois moins de maladies cardio-vasculaires.
Si la marche occasionne une fatigue excessive ou d'autres symptômes (tachycardie, douleurs articulaires par exemple), on ne peut la mettre en cause comme il est tentant de le faire : la marche, activité naturelle par excellence, constitue un test de santé. Elle est un révélateur de l'intégrité organique de l'individu. Dans un tel cas, la bonne réaction consiste à se préoccuper de sa santé pour la reconquérir.
Durant la mauvaise saison, la pluie ou même la couleur peu engageante du ciel dissuade souvent de mettre le nez dehors. Pourtant, c'est alors que l'exercice de plein air s'impose plus encore. Ne préférons pas le médiocre confort paresseux au réel bien-être ressenti par l'organisme naturellement stimulé. Si le marcheur débutant accompagne de surcroît sa nouvelle activité d'une bonne alimentation et d'un mode de vie sain, il progressera sûrement. L'agrément à marcher révèle la plénitude de l'individu dans sa joie de vivre.
Ne négligeons pas non plus l'aspect psychologique.
Découvrir un pays au rythme de la marche, connaître d'autres personnes animées du même but est très enrichissant. Activité conviviale exercée dans la bonne humeur, elle offre l'opportunité de nouer de solides amitiés. Peu attractive certes pour l'adolescent qui cherche à s'affirmer dans la compétition physique, à forger sa personnalité, la marche peut au contraire devenir pour l'adulte un moyen privilégié d'occuper son temps libre, sans les excès et les aléas du sport où l'on s'attache à la performance. Et combien de seniors auront pu grâce à une randonnée, échapper à la morosité d'une journée passée dans la solitude.
"Marcher, c'est beaucoup plus que mettre un pied devant l'autre : c'est aussi faire un pas vers une meilleure qualité de vie".
Michel MORIAME