Pour une déontologie de l'animateur de randonnée


L’une des règles fondamentales de sécurité consiste pour le  responsable de la sortie à s'assurer que les personnes qu'il prend en charge ont les aptitudes physiques pour réaliser l'activité dans de bonnes conditions  (Cette obligation prend, si je puis dire, un relief tout particulier, s'agissant de courses en montagne!). Cependant, comment dissuader telle ou telle personne qui se présente au départ d'une simple randonnée locale, tout adhérent pouvant se présenter au lieu de rendez-vous sans inscription préalable : à l’exception des randonnées à priori faciles, accessibles à tous, il importe donc d’être attentif au niveau indiqué sur le programme. Encore faut-il que  l'animateur respecte la distance, le niveau et l'allure (s'il tient à celle-ci), soit explicite sur le lieu de la sortie, afin que chacun sache ce qui l'attend vraiment, que l'information donnée soit fiable. Même si cela suppose des contraintes, s'en tenir à ce qui est annoncé est une marque de considération à l'égard des participants, d'autant plus que l'improvisation, à moins d'une connaissance parfaite du terrain, ne peut aller qu'à l'encontre de l'intérêt et du bon déroulement de la randonnée : reflux du groupe devant un passage interdit ou devenu impraticable avec souvent pour conséquence trop de chemins revêtus car il n'y a plus guère d'autre choix.

La carte la plus à jour ne dit pas tout, même si elle suggère beaucoup. Elle demeure muette sur les meilleurs passages, les perspectives discrètes, les points de vue inattendus, la qualité et la diversité de la végétation, la forme et la disposition des roches, les particularités du chemin : sentier creux ondulant en pente douce ou bordé d'un muret moussu couvert de lierre, clairières fleuries égayant  la vue, futaies majestueuses de hêtres ou de chênes, traversée mystérieuse des buissières ...  Éviter la platitude. "L'ennui naquit un jour de l'uniformité". Certes les curiosités majeures sont répertoriées mais l'accumulation des détails qui créent le pittoresque, un sentiment global d'harmonie et de beauté ne sont pas du domaine de la carte.
L'on ne peut faire l'économie de la reconnaissance de l'itinéraire si l'on veut créer ce contentement résultant d'un sentiment de plénitude heureuse lorsqu'à la saine fatigue s'ajoute le souvenir attrayant d'un beau parcours.


                                                                                                                                                                                              Michel Moriame